Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 233 – Quand certains faits deviennent invisibles : chronique d’une indignation sélective
1. L’indignation sélective : ce sport national qui ne dit pas son nom
Il y a des faits dont les médias raffolent : ceux qui permettent de dérouler un récit confortable, calibré, sponsorisé par la morale du moment. Et puis il y a les autres : ceux qui dérangent, qui compliquent la narration, qui obligent à regarder la réalité sans filtre Instagram.
Ces faits-là, on les range dans un tiroir. On ferme le tiroir. On jette la clé. Et on fait semblant de ne rien voir.
2. Le cas de Puteaux : un fait divers qui n’a pas coché les bonnes cases
Prenons un exemple récent : l’affaire de Puteaux, où un homme a été mortellement agressé. Les faits sont documentés par plusieurs médias sérieux :
- Actu17 : https://actu.fr/ile-de-france/puteaux_92062/un-homme-place-en-detention-provisoire-apres-avoir-battu-a-mort-un-homme-a-la-defense-pour-son-telephone_64768028.html
- Le Parisien : https://www.leparisien.fr/faits-divers/mort-detienne-31-ans-frappe-a-mort-en-pleine-rue-a-puteaux-on-se-pose-des-questions-pour-nos-enfants-08-09-2026-PHDNUCREZNAORJDL57ECTTZ4BM.php
- CNEWS : https://www.cnews.fr/faits-divers/2026-09-09/hauts-de-seine-un-trentenaire-battu-mort-puteaux-un-soudanais-sous-oqtf
Les faits sont là, froids, brutaux, incontestables. Mais l’affaire n’a pas bénéficié du même traitement que d’autres faits divers pourtant moins graves. Pourquoi ? Parce qu’elle ne s’insérait pas dans le récit de quelques manipulateurs en quêtent de calinothérapie du moment.
Ici, pas de tribune enflammée. Pas de plateau télé en mode « urgence nationale ». Pas de mobilisation de ceux qui prétendent défendre la veuve et l’orphelin.
3. Ceux qui parlent… et ceux qu’on fait taire
Le plus ironique, c’est que ceux qui osent évoquer ces faits « mal classés » se retrouvent immédiatement sous une chape d’ostracisation :
- « Vous exagérez. »
- « Vous faites le jeu de… »
- « Ce n’est pas représentatif. »
- « Ce n’est pas le sujet. »
Bref : fermez-la.
On ne discute pas des faits. On discute de votre droit à les mentionner.
4. Les chevaliers de la vertu… financés par nos impôts
Pendant ce temps, les organisations qui prétendent défendre la veuve et l’orphelin continuent de prospérer :
- Subventions publiques généreuses
- Accès privilégié aux médias
- Soutien institutionnel
- Immunité morale automatique
Et parfois, comme l’ont montré plusieurs enquêtes journalistiques (consultables gratuitement) :
- IFRAP : https://www.ifrap.org/budget-et-fiscalite/plus-de-23-milliards-de-subventions-publiques-aux-associations-par-et-quasi-pas-de-controle
- Inextenso : https://ess.inextenso.fr/le-harcelement-sexuel-et-moral-dans-les-associations/
- France 24 :
- Le JDD : https://www.lejdd.fr/culture/culture-subventionnee-enquete-sur-un-systeme-sous-perfusion-173805
… certains de ces acteurs ont été impliqués dans des dérives, des abus, des détournements, des manipulations, des pressions, voire des violences internes.
Mais là encore : silence radio. On ne touche pas aux chevaliers de la vertu. Ils ont la bénédiction de l’État, et l’État n’aime pas qu’on critique ses enfants chéris.

5. Le citoyen lambda, lui, voit très bien la scène
Le citoyen lambda n’a pas de plateau télé. Il n’a pas de tribune dans un grand quotidien. Il n’a pas de subventions. Il n’a pas de réseau militant.
Mais il a des yeux. Et il voit très bien que certains faits sont traités comme des tragédies nationales, tandis que d’autres sont enterrés sous le tapis.
Il voit très bien que ceux qui parlent sont punis. Et que ceux qui se taisent sont récompensés.
Il voit très bien que l’indignation est devenue un produit marketing. Et que la vérité, elle, n’est plus qu’un détail.
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